Le projet

Le projet de Renouveau National Républicain part d’un constat : la France ne souffre pas seulement d’une succession de crises politiques ou sectorielles. Elle connaît une crise plus profonde de capacité politique.

Lorsque la volonté exprimée par les citoyens ne se transforme plus clairement en décision, lorsque les responsabilités se diluent entre les institutions et lorsque l’État peine à inscrire son action dans le temps long, l’alternance des gouvernements ne suffit plus.

Le projet propose donc une refondation institutionnelle : une VIe République conçue pour rendre le pouvoir plus lisible, la responsabilité plus directe et l’action publique plus effective.


Refonder plutôt qu’alterner

La Ve République a progressivement construit une situation paradoxale : le Président concentre une part considérable de l’attention et de la légitimité politiques, tandis que les responsabilités institutionnelles demeurent partagées entre la Présidence, le Gouvernement et le Parlement.

Le projet de VIe République choisit de clarifier cette réalité plutôt que de la maintenir dans l’ambiguïté.

Chaque pouvoir reçoit une mission propre, des compétences identifiées et une responsabilité distincte.

La finalité n’est pas de concentrer l’ensemble du pouvoir entre les mains d’une institution, mais de rendre chaque institution effectivement responsable de ce qu’elle décide.


Quatre principes directeurs

Souveraineté nationale

La souveraineté ne consiste pas seulement à proclamer l’indépendance de la Nation. Elle suppose de conserver la capacité concrète de décider de ses orientations fondamentales, de défendre ses intérêts et de maîtriser les dépendances susceptibles de compromettre sa liberté d’action.

La souveraineté politique doit donc s’appuyer sur une souveraineté matérielle, stratégique et institutionnelle.

Probité publique

L’autorité de l’État suppose son intégrité.

Corruption, conflits d’intérêts, ingérences étrangères, dépendances opaques ou capture de la décision publique affaiblissent directement la souveraineté et la confiance démocratique.

Le projet fait ainsi de la probité de l’État une exigence constitutionnelle et renforce les mécanismes de contrôle applicables aux détenteurs de responsabilités publiques.

République forte

Un État fort n’est pas un État arbitraire.

C’est un État capable d’appliquer la loi, de protéger les citoyens, de maintenir les services essentiels, de préparer les crises, de défendre les intérêts stratégiques de la Nation et d’inscrire son action dans le temps long.

La force de l’État repose sur la clarté de ses missions, l’effectivité de son action et la responsabilité de ceux qui exercent le pouvoir.

Humanisme de progrès

La puissance publique n’est pas une fin en elle-même.

Elle doit permettre le développement humain, la transmission des savoirs, la recherche scientifique, l’instruction, la santé, la production, l’innovation et l’amélioration des conditions d’existence.

L’humanisme de progrès constitue l’horizon politique de cette refondation. La nouvelle architecture institutionnelle n’en garantit pas à elle seule la réalisation ; elle doit rendre possible une action publique capable de préparer l’avenir, de soutenir la science, l’instruction, la recherche, la production et l’amélioration des conditions d’existence, au service de la personne humaine.


Une République organisée autour de quatre pouvoirs

La VIe République repose sur quatre pouvoirs constitutionnels distincts.

Le pouvoir présidentiel

Le Président de la République exerce un pouvoir propre de direction nationale et de garantie nationale.

Élu directement par le peuple, il détermine et dirige la politique de défense nationale et la politique étrangère de la France. Il exerce également une mission propre de garantie de l’intégrité de l’État et de ses institutions, de la continuité de l’État, de la sûreté républicaine, de la probité publique, de l’intégrité de la décision démocratique et de la protection des intérêts fondamentaux de la Nation.

Cette garantie n’est pas seulement une fonction de vigilance. Le Président dispose des pouvoirs de contrôle, de saisine et d’intervention que la Constitution lui attribue. Il exerce notamment son autorité constitutionnelle sur l’Office national de sûreté républicaine et peut lui ordonner d’engager les contrôles, enquêtes et procédures relevant de ses missions, sans pouvoir déterminer leurs conclusions ni se substituer à la justice.

Il ne dirige pas pour autant l’ensemble de la politique quotidienne du pays. L’action publique ordinaire demeure de la compétence du Gouvernement.

Le pouvoir gouvernemental

Le Gouvernement conduit l’action publique ordinaire.

Il détermine et met en œuvre les politiques civiles, économiques, sociales et environnementales et dirige l’administration.

Le Premier ministre est élu par l’Assemblée nationale. Le Gouvernement dispose ainsi d’une légitimité parlementaire propre et répond directement devant les représentants de la Nation.

Cette distinction des compétences correspond à deux mandats démocratiques différents. L’élection présidentielle désigne l’autorité chargée de la direction nationale dans les domaines présidentiels et de la protection de l’intégrité, de la continuité et des intérêts fondamentaux de l’État. Les élections législatives déterminent les orientations de l’action gouvernementale ordinaire et la majorité appelée à élire le Premier ministre.

La participation obligatoire à l’élection présidentielle se justifie par cette responsabilité particulière : le peuple participe directement à la désignation de celui auquel il confie la garde de l’État commun.

Le pouvoir législatif

Le Parlement vote la loi, contrôle le Gouvernement et évalue les politiques publiques.

Il n’est ni une chambre d’enregistrement ni un pouvoir d’obstruction permanent.

Sa responsabilité est également renforcée : une motion de censure doit désigner le Premier ministre appelé à remplacer celui qu’elle renverse. La censure devient constructive.

Le pouvoir judiciaire

Le pouvoir judiciaire est indépendant.

Il garantit l’application du droit, la protection des libertés et l’impartialité de la justice.

Une Cour constitutionnelle assure en outre le respect de la Constitution et arbitre les conflits de compétence entre les pouvoirs lorsqu’ils apparaissent.

Des institutions constitutionnelles de contrôle

La séparation des pouvoirs est complétée par plusieurs institutions chargées d’en garantir l’intégrité, la légalité et la responsabilité.

La Cour constitutionnelle veille au respect de la Constitution, protège les droits et libertés, contrôle les procédures référendaires et arbitre les conflits de compétence entre les pouvoirs constitutionnels.

La Cour des comptes contrôle les finances publiques, l’emploi des fonds publics et la gestion du patrimoine de l’État. Dotée de pouvoirs propres d’investigation et d’injonction, elle peut notamment contrôler les grands contrats, concessions, cessions et engagements financiers publics.

L’Office national de sûreté républicaine protège la probité publique, l’intégrité de la décision publique et la sûreté républicaine. Placé sous l’autorité constitutionnelle du Président de la République, il dispose de pouvoirs propres d’enquête, de contrôle et de mesure conservatoire, sous le contrôle prévu par la Constitution.

Ainsi, aucun pouvoir constitutionnel n’est soustrait au contrôle du droit, de la probité et de la responsabilité publique.


Une responsabilité politique plus claire

L’un des objectifs centraux du projet est de mettre fin à la dilution des responsabilités.

Le Président répond de l’exercice de ses compétences propres.

Le Gouvernement répond de sa politique devant l’Assemblée nationale.

Le Parlement assume les majorités qu’il constitue et les Gouvernements qu’il renverse.

Le pouvoir judiciaire exerce ses fonctions dans l’indépendance.

Cette distinction permet de savoir qui décide, dans quel domaine, selon quelle procédure et sous quel contrôle.


Le peuple comme arbitre ultime

La souveraineté populaire ne se limite pas à l’élection périodique des représentants.

La VIe République donne au référendum une fonction constitutionnelle réelle. Les décisions soumises au peuple doivent porter sur un objet déterminé et produire des conséquences juridiques connues à l’avance.

Le référendum d’arbitrage national permet notamment de résoudre un désaccord persistant entre le Président et le Parlement portant directement sur un domaine présidentiel de direction nationale.

Dans ce mécanisme, le recours au peuple engage également celui qui l’initie : l’approbation ou le rejet entraîne les conséquences institutionnelles prévues par la Constitution.

Le référendum devient ainsi un instrument de décision et d’arbitrage, et non une simple consultation politique.


Un État fort parce qu’il est contrôlé

La capacité d’action de l’État ne peut être dissociée de la responsabilité de ceux qui l’exercent.

Le Président de la République garantit l’intégrité de l’État et peut déclencher les mécanismes constitutionnels de contrôle. L’Office national de sûreté républicaine recherche les atteintes graves à la probité, les conflits d’intérêts, les ingérences et les mécanismes de capture de la décision publique. La Cour des comptes exerce un contrôle indépendant sur les finances, les dépenses et le patrimoine publics. La justice demeure seule compétente pour juger les infractions pénales.

Les grandes décisions engageant les finances, le patrimoine ou les intérêts fondamentaux de l’État doivent être traçables. Les grands contrats, concessions et cessions d’actifs publics peuvent faire l’objet de contrôles renforcés, notamment lorsqu’ils engagent durablement les intérêts de la Nation.

Le principe est simple :

Liberté d’action politique, mais contrôle institutionnel permanent de l’usage de la puissance publique.


Une Constitution pour traduire le projet en droit

Cette architecture n’est pas seulement une déclaration d’intention.

Elle est traduite dans une proposition complète de Constitution de la VIe République, qui définit les pouvoirs, leurs compétences, leurs relations, leurs responsabilités et les mécanismes destinés à résoudre les crises institutionnelles.

La Constitution fixe également les droits et libertés, l’organisation de la justice, la souveraineté populaire, la probité publique, les engagements internationaux, l’organisation territoriale et les régimes de crise.


Un projet à discuter

Le projet de Renouveau National Républicain constitue une proposition de refondation politique et institutionnelle.

Il a vocation à être expliqué, confronté à la critique et discuté.

Les analyses publiées sur ce site développeront progressivement ses différents aspects et permettront d’examiner les arguments, les objections et les alternatives qu’ils suscitent.

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